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L'hadopi c'est quoi ?

Publiée le 12/03/2012

L'hadopi c'est quoi ?

 

Critiquée par les uns, soutenue par les autres, la loi Hadopi est surtout là pour rendre responsables les internautes. Explications.


Avant, on s'échangeait entre copains une cassette audio avec un album ou une compil des meilleurs de ses découvertes. Ce partage d'œuvres entre proches a laissé la place, aujourd'hui, à des échanges illimités à grande échelle que certains qualifient même d'industrie parallèle. Si Internet a permis une propagation de la culture tout de suite pour tous, le web a également admis l'idée qu'une œuvre, sitôt mise sur le marché, revenait au "domaine public" et pouvait être mise à la disposition de tous. Et, effectivement, qui n'a téléchargé au moins une fois un titre, un album ou un film ? L'internet semblait, dans un élan de générosité, un lieu ou tout semblait gratuit. Nul n'imagine entrer dans un magasin, se servir et partir sans payer ! Et pourtant, personne ne pense que télécharger c'est aussi du vol. Derrière un album ou un film, ce sont des dizaines ou des centaines de personnes qui se sont mobilisées pour produire une œuvre de qualité. Télécharger illégalement une œuvre c'est ainsi mettre en péril le travail d'artistes que l'on apprécie.

Pratiques responsables

En juin 2009, l'Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) voit le jour. Et des lois sont votées pour légiférer sur les problèmes liés aux téléchargements illégaux, notamment le per-to-per, sur Internet. Il ne s'agit pas bien sûr de mettre en prison tous les "pirates" du Net mais plutôt de responsabiliser les internautes aux nouvelles formes d'offres culturelles en ligne. Cet organisme public est une sorte de gendarme virtuel qui veille à ce que les œuvres ne soient pas copiées illégalement sur le Net. Hadopi a trois missions : protéger, informer et innover.

Protéger, d'abord. Elle vise à protéger les œuvres des contrefaçons vendus sur la toile et à défendre les droits d'auteur. La réponse graduée est la méthode qui a été retenue pour éviter aux internautes fraudeurs de récidiver.

Informer : Elle entend également aux internautes des sites de téléchargements légaux (donc souvent payants).

Innover : Les Labs Hadopi permettent la rencontre et la concertation des représentants des acteurs de l'Internet. Enfin, le gouvernement peut lui demander son avis pour changer la loi.

Il y a eu beaucoup de débats lors de sa création : les opposants voulaient que les MP3, par exemple, circulent librement et gratuitement et voient d'un mauvais œil l'intrusion d'une institution dans la vie privée. Les autres mettent en avant les revenus des artistes. Pour eux, si tout est gratuit qui paiera les artistes demain ? La vérité est entre les deux et des solutions sont en train de voir le jour (streaming payant par exemple).

L'Hadopi comment ça marche ?

Pour lutter contre le piratage l'Hadopi a mis en place une sanction graduée : pour un téléchargement illégal l'internaute reçoit un premier e-mail d'avertissement (sans frais). S'il effectue un téléchargement illégal une nouvelle fois dans les six mois suivants, il reçoit un second mail et un courrier recommandé. Au bout de trois fois c'est la convocation ! On est dans la dissuasion bien sur ! Il est impossible de convoquer tout le monde. En un an et demi, 9 personnes sur 10 qui ont reçu un premier mail ne pirateraient plus. Sur les 900 000 personnes averties, seules 250 vont voir leur dossier transmis à la justice. (source Hadopi)

Un an et demi après le lancement de la loi Hadopi, les Internautes semblent avoir compris les dégâts que peuvent causer le téléchargement illégal. Il y a eu un net recul du piratage sur le Net. Les sites de téléchargement légaux se sont multipliés. La musique est simple a acheter, peu chère… Ne reste plus qu'à en jouer !

 

Willy Richert

2 messages

  • SilentFall Le vendredi, 20 avril 2012 à 13:26

    Si je peux me permettre, je voudrais tout de même ajouter un petit bémol à cette loi: elle a été principalement destinée à la protection des majors et des gros artistes. Le problème est que le net est une vitrine publicitaire parfaite pour des petits artistes qui voudraient se faire connaitre et ne disposent pas des moyens de promotion de leurs collègues, déjà reconnus. Le téléchargement devient alors un moyen supplémentaire pour "donner à entendre" et pour se créer une réputation. Les gens achètent des albums car ils connaissent l'artiste, son single, ont vu une pub à la télé. Laissons les petits artistes libres d'effectuer cette même promotion en utilisant le seul média qui leur soit libre d'accès.

    Pour ma part, je pense donc qu'Hadopi ne devrait donc pas être si stricte, mais respecter l'envie et le désir de chaque artiste. Cette loi n'est pas foncièrement mauvaise et nait même d'un désir certain de protéger la culture et le droit d'auteur, mais elle devrait prendre plus de paramètres en compte et être moins génraliste vis à vis du monde musical.

    il y a 1531 jours

  • Ingrid84 Le samedi, 26 mai 2012 à 15:24

    Totalement d'accord avec Silent Fall. Il y a des groupes que j'ai connu par des voies qui seraient jugées illégales par Hadopi, mais qui me permettent aujourd'hui non seulement de les connaître mais d'acheter des billets pour leurs concerts et occasionnellement d'acheter aussi leur cd sur place.
    Taper sur le consommateur pour défendre l'artiste, moi ça m'énerve. Et quid des plate-formes qui proposent du téléchargement ?
    Cette loi défend surtout les intérêts des gros labels et des gros artistes. Sûrement pas des petits qui ont presque besoin de ce biais pour se faire connaître et tourner.

    il y a 1495 jours

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