Dominique A, chanteur et chroniqueur

Les éditions Le Mot et le Reste publient Tomber sous le charme, un recueil de chroniques signées Dominique A, parues dans divers titres de presse. Exemple rare d’un chanteur qui prend la plume pour partager ses enthousiasmes musicaux ou littéraires, ces textes témoignent d’une curiosité qui ne s’émousse pas au fil des ans.

En un peu plus de vingt ans, Dominique A s’est doucement imposé comme l’une des voix les plus singulières du paysage musical français, partagé entre une culture pop anglo-saxonne pointue et un goût pour la langue de Molière qui le rattache forcément à la chanson. Soucieux de renouvellement, il a emprunté des chemins différents, au fil d’albums qui ont réunis autour d’eux un public fidèle. Parfois, il y a eu des tubes ou des presque tubes (Du Twenty Two Bar en 1995 à Rendez-nous la Lumière en 2012).

Les à-côtés de la chanson

Mais il y a un chemin parallèle – et complémentaire – que Dominique A arpente depuis plus d’une dizaine d’années : celui d’une écriture qui n’est pas destinée à la chanson mais à la presse. C’est une histoire de partage : d’une expérience, comme les journaux de bord de ses différentes tournées (initialement publiés sur le site du chanteur Comment certains vivent) ou celui de ses enthousiasmes musicaux (pour Epok, TGV Magazine ou Les Inrocks, notamment). Ce sont tous ces textes qui sont ici réunis dans ce livre réjouissant, drôle, vivant. Le mot est juste, la parole amicale.

Écouter la parole d’un ami

Dominique A s’adresse à son lecteur comme à un ami à qui l’on meurt d’envie de faire découvrir une chanson, un disque, un artiste. L’enthousiasme du chanteur se porte sur ce qu’il appelle les « seconds couteaux », ces groupes dits mineurs mais qui tiennent une place majeure dans la vie du mélomane : on croisera donc Marissa Nadler, My Brightest Diamond, White Birch ou les Field Mice. Avec l’envie immédiate d’aller y jeter une oreille dans la foulée.

Autocritique

Tomber sous le charme se termine sur un exercice à la fois inédit, passionnant et assez drôle : la chronique par Dominique A de ses propres disques. Son regard est lucide, ne versant ni dans l’orgueil mal placé ni dans l’autodépréciation gratuite malgré un cinglant « En un mot comme en cent, on s’emmerde un peu » à propos de « Remué », son quatrième album. Qu’on se rassure : on ne s’emmerde pas du tout lors de cette lecture stimulante.

Vincent Théval

Découvrir :

Dominique A – Rendez-nous la lumière

Site officiel de Dominique A