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S’enregistrer en live : les pièges à éviter

Publiée le 20/02/2015

S’enregistrer en live dans son local de répétition n’est pas chose insurmontable, mais avant de se lancer dans une telle aventure, il y a quelques pièges à éviter pour ne pas perdre de temps ou pour obtenir le résultat escompté.


De bonne disposition

Bien qu’il soit difficile de généraliser pour ce qui est de la taille de celui-ci, le local d’un groupe a pour fonction principale de répéter et n’est donc pas forcément agencé pour réaliser un enregistrement digne de ce nom.

Nombreux sont les groupes qui, par souci de convivialité, répètent en arc de cercle, les uns en face des autres, avec pour point central, la batterie. Cette configuration aide surtout à se faire quelques signes codés quand un nouveau morceau vient d’être composé ou quand une set-list d’un concert est joué pour la première fois. On regarde ses partenaires de jeu dans les deux cas et cela rassure grandement.

Pratique, oui, mais pour enregistrer en live, cette disposition peut vite devenir une galère si vous avez décidé de mettre une poignée de micros devant les amplis et la batterie. Le son craché par les haut-parleurs risque fortement d’être capté par le micro posé juste en face (ceux de la batterie ou celui de l’autre guitariste). Mieux vaut dans ce cas, si les dimensions de votre local le permettent, que vous optiez pour une configuration dite « de concert », autrement dit, en mettant les amplis sur la même ligne que la batterie.

Si vous n’avez pas assez d’espace ou si vous voulez juste capturer une toute nouvelle chanson avec un smartphone ou un petit enregistreur numérique, vous pouvez bien sûr rester en arc de cercle. Certes le son ne sera pas de qualité professionnelle, mais vous aurez la satisfaction d’avoir une trace sonore et un premier jet que tous les musiciens pourront réécouter tranquillement.

 

Play it loud (mais pas trop)

Un halogène récupéré chez les grands-parents, quelques vieux posters dénichés dans une brocante, c’est sûr : vous n’êtes pas au Bataclan. Il va donc falloir faire quelques concessions pour ce qui est du volume sonore. La tâche s’avère difficile, voire délicate, surtout si votre batteur est du genre bûcheron. Un peu de diplomatie sera de rigueur pour lui faire comprendre que taper un brin moins fort sur ses fûts ne pourra que servir le résultat final. Vous pourrez perdre quelques points sur l’échelle de la spontanéité, mais là est tout le challenge et au final, votre jeu se verra bonifié d’une nouvelle distinction honorifique. Un bon musicien se doit de savoir moduler son niveau sonore tout en gardant de l’intensité. Vous êtes du genre têtu et  optez malgré tout pour une puissance de feu digne des grandes messes sonores du Palais Omnisports de Bercy ? Rien n’est impossible, mais prévoyez dans la mesure du possible d’isoler un minimum les instruments. Pour réduire la facture, la récupération peut être l’ultime solution. Un paravent pour la batterie fera l’affaire (oui, vous le trouverez là où vous avez déjà récupéré l’halogène). Des couvertures ou des matelas en mousse pourront également servir pour les amplis. Un petit tour chez Emmaüs est vivement conseillé. Le résultat n’est pas à 100% garanti, surtout si vous répétez dans une cage à lapin, mais ce sera toujours mieux que rien.  Pour plus de solutions, consultez notre memo dédié à l’acoustique du Home Studio !

Si vous avez décidé d’enregistrer également la partie vocale en même temps que les autres instruments, pensez à ce que votre chanteur ou chanteuse dispose d’un retour voix.

 

Qui va là ?

Point non négligeable que l’on a tendance à oublier : prenez garde au pote qui passe à l’improviste pour voir les stars du quartier enregistrer. À défaut d’un panneau lumineux de couleur rouge que l’on trouve généralement dans les studios professionnels et qui spécifie que vous êtes en plein labeur, une simple feuille de papier accrochée à la porte de votre local avec, par exemple, marqué dessus « Ne déranger sous aucun prétexte » fera l’affaire. Les smartphones de chacun devront bien sûr être en mode avion, Candy Crush pouvant largement attendre la prochaine pause…

Enregistrer live ne veut pas dire recréer méticuleusement les conditions d’un véritable concert. Si vous pensez qu’inviter quelques fans du groupe pour l’occasion rendrait plus vivant votre enregistrement, réfléchissez bien à cette option qui pourrait vous desservir. Entendre les applaudissements d’amis, certes motivés, peut vous donner des ailes pendant l’exécution de votre morceau. Le résultat final a cependant de grandes chances d’être glauque, pour ne pas dire d’une grande pauvreté. L’important est ici de garder la spontanéité d’un jeu en direct pour vous prouver (ou le cas échéant prouver à un organisateur de concert) que vous maîtrisez comme il se doit la science du live.

Il va sans dire que pour enregistrer en condition live, vous devrez parfaitement maîtriser votre morceau. Cela ne sert à rien de mettre en branle tout un dispositif de captation si l’un des musiciens ne maîtrise pas parfaitement sa partie. Une telle entreprise demande un minimum d’organisation et de réflexion pour que la séance se passe sans trop d’anicroches et de stress. Gardez à l’esprit que cela vous demandera pas mal d’énergie… Pensez à vos besoins en matériel (parc de micros, matériaux pour l’isolation des instruments) et à l’utilisation finale que cet enregistrement live prendra. Mais ça, c’est une autre histoire, nous en parlons par ailleurs…

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