RévéLAtion RIFFX : qui est le trio Elektre ?

 

Lauréat du tremplin CosmoJazz 2026, le trio Elektre a eu la chance de jouer sur le festival. C’est l’heure de la rencontre avec RIFFX !

 

Comment et quand avez-vous commencé la musique ?

Nous sommes tous les trois musiciens professionnels depuis de nombreuses années, donc raconter nos parcours respectifs prendrait un peu de temps, entre conservatoires, écoles de jazz et différentes formations musicales !

En revanche, Elektre est véritablement née sur scène. Lors d’un concert, Maïlys avait invité Monika et Clément à la rejoindre pour reprendre des morceaux de rébétiko en les faisant dialoguer avec des sonorités hip-hop et électroniques. L’expérience devait être ponctuelle, mais la réaction du public a été tellement enthousiaste qu’on s’est dit qu’il y avait quelque chose à creuser. C’est de ce premier concert qu’est née l’envie de monter Elektre et de pousser beaucoup plus loin cette rencontre entre rébétiko et musiques actuelles.

Comment décrirais-tu votre musique et que cherchez-vous à transmettre ?

On décrit parfois Elektre comme du « rébétiko 3.0 ». Le rébétiko est une musique urbaine née au début du XXe siècle, notamment dans les milieux populaires et marginalisés des grandes villes grecques. C’est une musique d’exil, d’amour, de fête, de pauvreté, de désir, mais aussi de prisons et de drogues… Bref, une musique extrêmement enracinée dans un contexte social.

Notre envie n’est pas de « moderniser » une tradition qui en aurait besoin, mais plutôt de nous demander : si cette musique urbaine était en train de naître aujourd’hui, avec quoi dialoguerait-elle ? On garde donc le bouzouki, les voix, les rythmes et les mélodies de ces répertoires, mais ils peuvent rencontrer une basse de trap, une production électronique ou un beat de reggaeton. On cherche surtout à ouvrir cette musique à des gens qui n’auraient jamais pensé écouter du rébétiko.

Quelles sont vos influences ?

Elles sont très larges. Évidemment, il y a les grandes voix et figures du rébétiko et des musiques grecques et anatoliennes tel que Roza Eskenazi ou Sotiria Bellou, mais aussi tout ce qui se passe aujourd’hui autour des musiques électroniques, du hip-hop, de la trap, du reggaeton et des nouvelles scènes méditerranéennes (Rosalia, Marina Satti…)

On aime aussi beaucoup les artistes qui refusent de choisir entre héritage et expérimentation. Ce qui nous intéresse, ce sont les musiques qui voyagent, se contaminent et changent de forme sans perdre leur mémoire.

Quel est votre processus de composition ?

On a d’abord construit l’identité d’Elektre en réarrangeant des morceaux traditionnels, avant de commencer progressivement à composer nos propres titres, notamment autour des makam et dromoi, ces systèmes de modes mélodiques issus des traditions musicales ottomanes et byzantines.

Notre composition est très collective et se fait beaucoup directement en studio. En général, l’un de nous arrive avec une mélodie, puis on se retrouve tous les trois pour chercher autour d’elle un groove, des rythmes, des textures et des sonorités. Le morceau se construit en expérimentant avec les voix, le bouzouki, les percussions, les basses et les machines.

L’esthétique du sample est aussi très importante dans notre manière de composer. Sur notre dernier EP notamment, on aime aller chercher dans de vieux enregistrements certaines voix, certains violons,  et dromoicertains grains ou certaines textures sonores, puis les intégrer à des productions très contemporaines. Ce dialogue entre la matière sonore du passé et les outils d’aujourd’hui est devenu une part essentielle de l’identité d’Elektre.

Grâce à RIFFX By Crédit Mutuel, vous avez eu l’opportunité de jouer lors du CosmoJazz Festival. C’était comment ?

C’était assez fou. On s’est retrouvés à jouer devant environ 2 000 personnes, dans un décor complètement hors norme, et surtout face à un public qui est très vite entré dans notre univers. Entendre André Manoukian présenter notre projet, ça fait aussi un petit quelque chose, on ne va pas se mentir !

À un moment du concert, on est descendus de scène pour lancer une danse inspirée des panigyria, ces fêtes de village grecques où la musique et la danse peuvent durer jusqu’au matin. On s’est retrouvées au milieu d’une immense ronde qui se formait dans le public. C’est probablement l’image qu’on gardera du CosmoJazz : ce moment où il n’y avait plus vraiment, d’un côté, le groupe et, de l’autre, le public. Tout le monde faisait partie du concert.

Et au-delà de la scène, on a aussi été scotchés par l’accueil de toute l’équipe. Les réalisateurs, les ingénieurs, les techniciens, les bénévoles… tout le monde a été adorable avec nous. On s’est sentis hyper bien accueillis et accompagnés du début à la fin, et ça participe énormément au souvenir qu’on garde de cette expérience.

Vous êtes maintenant Révélation RIFFX by Crédit Mutuel. Qu’est-ce que cela représente pour la suite de votre carrière ?

C’est d’abord une très belle reconnaissance à un moment important pour Elektre, puisque nous venons de sortir notre premier EP « Neon ». Un projet comme le nôtre est parfois difficile à ranger dans une case : trop électronique pour certains circuits traditionnels, trop ancré dans des répertoires anciens pour d’autres. Être choisi comme Révélation RIFFX nous conforte justement dans l’idée que cette singularité peut être une force.

Et surtout, on espère que cela va nous permettre de faire ce pour quoi Elektre existe : jouer davantage, rencontrer de nouveaux publics et faire voyager cette musique beaucoup plus loin.

Un dernier mot pour RIFFX by Crédit Mutuel ?

Merci de nous avoir fait confiance, et surtout de nous avoir permis de tester Elektre à une échelle qu’on n’avait encore jamais connue.

Après avoir vu 2 000 personnes se mettre à danser sur du rébétiko électro en pleine montagne, on a désormais quelques idées pour la suite !

Vous avez des projets à venir ?

Oui ! Notre premier EP « Neon » vient de sortir et on va continuer à le défendre sur scène dans les prochains mois.

On prépare également la suite, avec de nouvelles créations et l’envie d’aller encore plus loin dans le dialogue entre rébétiko, musiques de Méditerranée et productions électroniques.

Et surtout : beaucoup de live. Le CosmoJazz nous a confirmé quelque chose qu’on pressentait déjà : Elektre prend vraiment tout son sens quand la frontière entre la scène et le public commence à disparaître.

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