C’est qui le leader ?

Le leader ! L’objectif de ce mémo n’est pas de définir ce qu’est un leader. Mais de comprendre qu’une formation ne peut se passer de quelqu’un qui met de l’ordre aussi bien dans la musique que dans la manière de la créer. Puis que cette responsabilité n’est pas forcément une mission de tout repos. D’ailleurs le « leader » n’est pas toujours celui qu’on croit…

 

Commençons par essayer de désamorcer des tensions qui apparaissent forcément au sein d’un groupe, à toutes les étapes de son parcours. Si vous participez à un projet collectif, c’est en général pour l’une de ces deux raisons! Ou bien les personnes avec lesquelles vous travaillez sont des personnes proches dont vous partagez les goûts. Ou bien vous ne les connaissez pas bien mais leur projet et leur travail vous inspirent. Dans tous les cas vous allez devoir faire des compromis. Ça, il faut se le dire le plus tôt possible.

Cas numéro 1 :

Souvent, une personne émerge dès le début, qui parle plus vite que les autres et dont les idées viennent plus vite que chez les autres. Ne vous inquiétez surtout pas de cela et n’allez pas croire que cette personne est votre supérieur. Il faut immédiatement la considérer comme un moteur dont vous allez bénéficier, car elle va mettre des idées sur la table. Il serait beaucoup plus grave que les personnes rassemblées se regardent sans rien dire dans la salle de répétition et sans savoir quoi faire.

 

Les personnes qui prennent la parole instinctivement donnent souvent l’impression qu’elles ne doutent jamais d’elles-mêmes. Ça peut être vrai aussi bien pour des personnes silencieuses ou discrètes ! Il n’est pas nécessaire d’être volubile et démonstratif pour faire passer une idée.

 

Si vous avez besoin de temps pour faire votre avis ou trouver des idées ne vous en inquiétez pas, votre opinion n’en est pas moins importante. Mais il est essentiel que, quand vous le jugez nécessaire, vous puissiez être entendu sans difficulté. Dans le cas contraire il y a un problème dans la communication à l’intérieur du groupe. Et c’est une chose dont il faudra parler très vite pour que ça ne s’envenime pas.

Cas numéro 2 :

Si vous êtes quelqu’un de plutôt extraverti et bavard et que vous sentez que vous énervez les autres, essayer de les rassurer en les faisant parler. Puisque vous monopolisez la parole permettez-vous de la donner et de l’écouter !

 

Pour rentrer plus dans les détails, il apparaît en général une personne qui dirige le groupe, qui donne des instructions et des conseils, qui émet des jugements sur la manière de jouer telle ou telle partie. Même si ce n’est pas forcément quelqu’un qui évoque tous les sujets discutés. Il peut donner l’impression de s’approprier le travail collectif. La première question dans ce cas est de savoir si on est d’accord avec ses interventions, ensuite de savoir si on se sent autorisé à discuter son avis. Car il va falloir accepter la présence d’une personne de caractère autour de vous : vous en avez besoin !

Mais ce n’est pas si simple :

Diriger un groupe et prendre les décisions au nom de chacun de ses membres est une tâche essentielle pour avancer ! La condition pour que ça marche est que tous les musiciens se retrouvent dans les décisions et les directions prises par le « leader ». Ce n’est jamais simple ni pour lui ni pour les autres, mais il est très difficile de se passer de ce système-là. A moins bien sûr que le groupe n’ait pas vraiment d’objectifs. Hormis que de passer du bon temps à faire de la musique une fois par semaine !

 

Ce rôle d’organisateur ne se limite pas aux questions musicales. Mais aussi à la vie du groupe : rendez-vous de répétition, recherche de concerts, de studios d’enregistrement, de financements, de label, etc. C’est un travail énorme et il est normal que quelqu’un qui se donne autant de mal pour faire évoluer le groupe soit particulièrement attentif et préoccupé par la musique qu’il joue. Alors si vous n’êtes pas ce « leader », essayez de vous mettre à sa place. Ainsi que de bien faire la différence entre une autorité qui est la manifestation de son perfectionnisme. Et une autorité qui est la manifestation d’autoritarisme. Essayez également de ne pas tomber dans le piège du musicien pour qui tout tombe tout cuit dans le bec (concerts payés, enregistrements professionnels, droits d’auteurs…). Et qui oublie qu’il y a derrière tout ça beaucoup de travail. Il faut savoir être reconnaissant de toutes ces corvées que vous n’auriez pas faites. Tout comme accepter quelques travers (seulement quelques-uns !) de la part de ce fameux leader.

 

Et si vous êtes ce leader ?

Attendez-vous à deux types de comportements compliqués à gérer de la part des musiciens. Le premier c’est cette tendance à se méfier de tout ce que vous faites, par crainte d’être manipulés. Exagéré ? Disons qu’il faut beaucoup de malentendus pour en arriver là, et c’est ce que vous voulez éviter ! Le second est ce comportement d’enfant assisté se reposant sur vous, dont on a parlé plus haut.

 

De manière générale il faut quand même partir du principe que les gens avec lesquels vous jouez ne sont ni des despotes ni des enfants assistés, et veiller à ne pas tomber dans la paranoïa aiguë. Un groupe, c’est une aventure humaine, avec tous les aléas que cela comporte !