Comment KISS a misé sur le merchandising ?

Quand on parle de KISS, on pense à ces messieurs un peu âgés, très maquillés, qui nous semblent un peu has been et qui s’auto-parodient. Mais, et on ne peut pas le contester, KISS a une place particulière dans l’industrie de la musique en terme de merchandising.

 

Ils font partie de ces artistes, comme Led Zeppelin, Les Stones, Les Grateful Dead ou Moby, qui ont radicalement changé l’industrie musicale. Led Zep’ a modifié les rapports producteurs de concerts/artistes, les Stones ont été les premiers à garder la propriété de leurs productions, les Grateful Dead à garder tous leurs droits, édition compris, et Moby à utiliser la synchronisation pour lancer son album en plaçant sa musique derrière des publicités.

 

De son côté, KISS a vraiment été le premier groupe à avoir vu le potentiel du merchandising et à le développer à un niveau jamais atteint alors. Ils ont ainsi licencié (autorisé des produits à leurs noms) plus de 3000 références. Cela peut sembler normal aujourd’hui, mais Kiss a vraiment dû batailler pour imposer sa vision. KISS c’est encore plus de 3000 licences, des fans dans le monde entier (le fan club français est très actif !) et en 36 ans de carrière, plus de 100 millions d’albums vendus et 500 millions de dollars de recettes rien qu’en merchandising…Leur manager, Gene Simmons, a même son propre reality show.

 

Alors comment s’inspirer de l’exemple de KISS pour l’adapter à votre propre niveau de développement. KISS n’est plus un groupe mais une marque et le groupe a redéfini ce que signifie « se vendre ». Pourquoi ? Car ils ont suivi leur propre règle de développement. Et il y a encore des fans qui achètent.

 

Tout d’abord, K.I.S.S, cela veut dire « Keep It Simple Stupid » ! Rien que l’acronyme est une leçon en lui-même de merchandising.

 

Les règles de KISS pour vendre :

  1. Toute presse, bonne ou mauvaise, est de la presse à prendre.

– “I HOPE THE FOUR GUYS WHO MAKE UP THE GROUP, WHOSE NAMES DON’T MATTER, ARE PUTTING MONEY FOR THE FUTURE, BECAUSE KISS WON’T BE AROUND LONG.” – SEATTLE DAILY TIMES, MAY 27, 1974. … « Tout le monde critique, tout le monde a une opinion. Ne vous inquiétez pas de cela » disent-ils.

 

  1. « Aimez-moi ou haïssez-moi, mais épelez correctement mon nom ».

Au moins avec KISS, même si on critique, le nom sera à peu près correctement épelé. Leur nom est leur marque. Pour eux, le groupe, c’est leur marque. Attention, aujourd’hui la problématique ne porte pas que sur le nom, mais aussi sur l’url. Faites en sorte que votre nom soit simple à retrouver, donc à comprendre, donc à écrire… Ou à l’inverse, démarquez-vous, comme Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum (oui, oui, c’est bien le nom d’un groupe… de métal biélorusse!)

 

  1. Prenez votre temps.

KISS a monté son 1er site de vente en ligne en 1998, or ils se sont formés en 1972, avec des sites web de fans qui revendaient le merch depuis 1995. Ils ont pris leur temps avant d’y aller (Yahoo, Ebay, datent de 1995, donc 98 n’est pas si tôt).

 

  1. Ne vous précipitez pas, chaque chose en son temps.

KISS a largement attendu pour leur concert de grand retour. Résultats: 40,000 tickets vendus en 47 minutes pour le 1er concert du come back. Finalement, il y a eu 192 shows sur cette tournée = 43.6 millions de $.

 

  1. Vous ne réussirez pas avec tout ce que vous entreprendrez…

Si on regarde tout ce qu’a lancé KISS, on ne peut pas dire que tout a été réussi….mais cela ne les empêche pas de continuer !

 

  1. Faites attention à vos relations avec les médias.

Chacun a besoin de l’autre: média, télé, radio, sites, influenceurs…Vous avez besoin les uns des autres pour vivre. Les médias ont besoin de votre contenu, vous de leur visibilité. On fait donc ce qu’il faut pour que cela se passe bien.

 

  1. Il ne faut quand même jamais oublier qu’au final, vous travaillez pour vos fans.

Vous travaillez pour que des gens écoutent votre musique, viennent vous voir sur scène, parlent de votre musique. Finalement, vous faites tout ça pour cela. Donc il faut aussi les écouter. Lire ce qu’ils écrivent sur vous.

 

  1. Si vous ne demandez pas, vous n’aurez pas.

Si vous ne demandez pas à être là, vous n’y serez pas. Si vous ne demandez pas 100€ à un patron de bar pour jouer en concert, vous ne les aurez pas non plus. Donc n’hésitez pas à être très clair sur les prix, et sur ce que vous ferez en merchandising ou pas.