Contrats et Labels

Un artiste a-t-il encore besoin d’un label ? A vous de répondre à cette question. Nous vous offrons de nombreux conseils permettant d’avancer dans votre carrière en tant qu’artiste indépendant. Néanmoins, il est presque impossible d’avancer seul, à partir d’un certain stade. Et un label peut apporter savoir-faire, crédibilité, expérience et réseau. Depuis l’avènement du streaming, des réseaux sociaux (pour ne citer qu’eux), les types de collaboration avec un label sont devenus souples et multiples. Les trois contrats type, pilier du secteur, existent toujours. D’autres options se sont ajoutées. Il est important pour vous de les connaître. Voici un aperçu de chacun d’entre eux pour vous permettre de comprendre les principales différences. Nous les détaillerons chacun dans des articles dédiés.

Quel contrat signer avec un label ?

Un artiste peut signer avec un label ou une maison de disques essentiellement trois types de contrat : un contrat d’artistes, de licence ou de distribution. Ou signer un contrat de services à la carte.

Chaque contrat présente ses avantages et ses inconvénients, que nous allons résumer ici. A vous de faire votre choix, si choix vous avez, en fonction de votre situation et de vos objectifs.

 

Le contrat d’artiste

Le contrat d’artiste présente l’accompagnement le plus complet pour l’artiste, qui en retour a le moins de contrôle sur sa musique.

Dans ce cadre, le label, ou producteur phonographique, prend en charge la production de l’album, les dépenses marketing, la distribution, etc. Fait capital : Le producteur phonographique est propriétaire du master de l’album.

Il faudra donc s’assurer que label et artiste ont l’envie d’aller dans la même direction.

Ce contrat, également appelé contrat d’enregistrement exclusif, prévoit un nombre d’albums à sortir, une durée, parfois une option pour un album suivant. Les rémunérations de l’artiste sont également spécifiées : salaires pour les séances d’enregistrement et royalties pour les exploitations (pourcentages sur les ventes, stream, etc).

Le contrat crée un lien d’exclusivité entre l’artiste et le label. Le taux de royauté est négocié, il n’y a donc pas de règle. Et un artiste reconnu aura évidemment plus de levier pour négocier un taux élevé ! Pour donner une échelle, on peut parler de 10% du prix de gros HT pour l’artiste : cela peut être moins pour un artiste inconnu, plus pour une star. Le taux de royautés n’est de toutes manières pas le seul critère à retenir dans la négociation de contrat, nous en parlerons dans un article dédié.

L’artiste le plus représentatif de ce type de contrat reste sans doute Johnny Hallyday, qui a passé toute sa carrière en contrat d’artistes (avec différents labels). Alors que beaucoup d’artistes français recherchaient ce genre de contrat il y a encore quelques années, car elle garantissait a priori un accompagnement fort, la situation a évolué.

De plus en plus privilégient plutôt les contrats de licence ou distribution, qui laisse la liberté de s’enregistrer (et la propriété de l’enregistrement !) en particulier dans le rap.

Contrat de licence

Dans le cadre d’un contrat de licence, le licencié, c’est-à-dire le label, assure la fabrication, la promotion, le marketing et la distribution des enregistrements.

L’artiste s’occupe donc lui-même de son enregistrement, dont il reste propriétaire (souvent via une structure qu’il a montée) Ce contrat garantit donc un certain contrôle à l’artiste.

Le label ou la structure qui représente l’artiste reçoit une avance.

Même remarque que précédemment concernant les taux de royautés : dans ce cas, la répartition du montant des ventes est généralement de l’ordre 80/20 entre la maison de disques et la structure de l’artiste.

C’est par exemple le choix qu’a effectué Stromae. Il a créé son label Mosaert en 2009, puis a signé en licence avec un label d’Universal pour sortir ses albums. Cette même structure, qu’il a fondée, lui sert également à produire ses clips ou réaliser sa collection de vêtements. Il faut donc disposer ou être accompagné d’une structure pour ce contrat.

Contrat de distribution

Le contrat de distribution correspond à des artistes qui ont déjà enregistré l’album et qui disposent d’une structure pouvant assurer une grosse partie de l’activité d’un label (réalisation de clips, promotion, publicité…)

Le distributeur diffuse les enregistrements physiques et/ou numériques. Le contrat couvre un certain nombre de territoires et une certaine durée.

Avec les mêmes remarques préalables que précédemment, la répartition du montant des ventes est généralement de l’ordre de 70/30 entre le distributeur et la structure de l’artiste.

PNL est actuellement un très bon exemple récent de réussite avec ce contrat. Le groupe a décidé de tout faire et tout contrôler concernant les sorties d’albums, les campagnes de marketing, etc. Jul est également dans la même démarche, avec le même distributeur : Believe.

Services à la carte

C’est la nouvelle tendance de ces dernières années : de même que les distributeurs numériques comme Believe ou Idol ont développé des activités de labels, les distributeurs indépendants et majors ont mis en place différentes structures pour s’adapter aux demandes des artistes en développement, en leur proposant des services à la carte.

C’est le type de structure à la mode, qui permet un accompagnement très tôt dans le projet, en bénéficiant du soutien d’une grosse structure, tout en  conservant un contrôle important. Nous avons consacré un article sur le sujet.

Parmi les succès récents, Eddy de Pretto, Columbine, Angèle ou Clara Luciani ont signé avec la structure Initial Artist Services (devenue ensuite Romance) au sein d’Universal.

Pour en savoir plus :

Le livre Les contrats de la musique de Pierre-Marie Bouvery Editions Irma 39 euros (2020)