L’artiste de la semaine : Orelsan

 

Impossible de passer à côté du dernier album d’Orelsan.

Il s’agit du 5eme album de sa carrière : La Fuite en avant. Une nouvelle production qui arrive 4 ans après Civilisation et qui marque un tournant intime dans la carrière du rappeur. Orelsan parle de ce qu’il vit aujourd’hui : la paternité, la célébrité, le couple, les doutes… C’est un album plus personnel, plus vulnérable aussi. Il le dit lui-même : il voulait un projet pour mieux se comprendre. La Fuite en avant c’est le disque d’un homme qui assume tout : ses peurs, ses succès, et surtout son âge.

Il reste fidèle à lui-même : toujours ce mélange d’humour, d’autodérision et de lucidité, mais il porte une maturité nouvelle. L’album commence très fort avec “Le Pacte”, un morceau coup-de-poing où il règle ses comptes avec la célébrité. Il y parle du prix du succès, des angoisses, de la pression… bref, du revers de la médaille. C’est dense, percutant, mais aussi très humain.

Il s’amuse encore à mélanger les genres, comme toujours. Il y a du rap pur, de la pop, de l’électro, et même un titre avec le groupe de K-pop Fifty Fifty ! Et côté production, on retrouve Skread, son acolyte de toujours, mais aussi Thomas Bangalter, l’un des Daft Punk, sur le morceau final “Yoroï”.

La grande nouveauté se trouve du côté des textes. Il évoque la grossesse de sa femme, la peur de ne pas être à la hauteur, l’arrivée de son enfant… Dans “Deux et demi” ou “Dans quelques mois”, il se confie comme rarement. Il y a de la tendresse, mais aussi de l’angoisse. Ce n’est pas un album triste, c’est un album lucide. Il raconte cette période où tout change : la notoriété, la famille, le temps qui passe.

L’album et le film “Yoroï”, sorti juste avant dans les salles obscures, se répondent. Le film parle d’un homme épuisé qui fuit ses démons, et La Fuite en avant est un peu la bande-son de ce sentiment. D’ailleurs, sur la pochette, Orelsan est allongé dans une baignoire, en armure : c’est lui, l’anti-héros qui cherche à souffler.

Pour se faire une idée de l’album, on vous propose d’écouter “Boss”, un morceau qui met en valeur sa compagne qui gère beaucoup de choses. Un éloge de la charge mentale ? En tout cas, une belle définition de ce que c’est.