L’artiste de la semaine : Peter Doherty

 

S’il a failli être déclaré perdu pour la musique, Peter Doherty est bien vivant, créatif et de retour avec un magnifique album, son cinquième album solo.

Peter Doherty revient avec “Felt Better Alive”, un disque court – à peine 27 minutes – mais très chargé en émotions. On y retrouve un Peter Doherty transformé : marié, père, installé en Normandie… et surtout sobre. Cet album c’est presque un journal intime, son titre est un message en soi. L’ex Libertines nous raconte qu’il est toujours là. Que malgré les excès, les rechutes, les amis disparus, il se sent “plus vivant” que jamais. Le single éponyme a d’ailleurs été écrit en hommage à son ami disparu trop tôt. Il y parle de perte, mais aussi de transmission, et enfin d’apaisement. Sa famille est très présente, notamment dans “Pot of Gold”, une très belle chanson pour sa fille Billie-May. Il évoque aussi ses chiens, ses voisins, sa campagne…

Le ton est plus posé, mais toujours traversé par cette mélancolie qu’on lui connaît. Même si on est loin du chaos de Camden, on sent encore les cicatrices de sa vie passée. L’écriture penche entre malédiction de l’artiste et repentance de l’homme. Il écrit toujours de manière très imagée, mais avec plus de recul. C’est moins crypté, plus direct. On sent qu’il a fait la paix avec certaines choses, même s’il reste lucide sur ses fragilités. Il dit d’ailleurs : “La bataille contre l’addiction n’est jamais gagnée.” C’est ce qui rend ce disque touchant : il ne prétend rien, il constate.

Musicalement, on est loin des Libertines ou des Babyshambles. “Felt Better Alive” est un disque très acoustique, assez folk, avec des cordes, de la pedal steel, un peu de clarinette. C’est un album organique, enregistré en partie chez lui, à Étretat. Il y a même un curé du coin qu’on entend sur « Prêtre de La Mer » ! C’est dire comme ce disque est enraciné dans sa nouvelle vie.

On vous propose d’écouter “Empty Room”, le dernier morceau. Une guitare, une voix, rien d’autre. On a l’impression qu’il nous parle à l’oreille. C’est dépouillé, fragile, mais très sincère. Et ça résume bien l’esprit de cet album : pas de grand show, juste quelqu’un qui raconte son histoire.