L’artiste de la semaine : Loyle Carner

Place à l’un des rappeurs britanniques les plus en vue, Loyle Carner…

Après le très engagé “hugo”, Loyle Carner change de tempo avec “hopefully!”, un album plus feutré, presque intime. L’artiste ne cherche plus à convaincre, mais à transmettre autrement. Moins de colère, plus de tendresse. Moins de slogans, plus de silences. “hopefully!” est un disque qui parle à voix basse, et ça lui va bien.

On quitte la scène politique pour entrer dans le salon, la chambre d’enfant, les pensées d’un père. Il parle de son fils, de l’héritage, du quotidien, de sa relation au monde. Il y a moins de démonstration, mais plus de profondeur. La pochette est très parlante : on le voit avec son fils, c’est donc un album de jeune père, quelqu’un qui se replie pour mieux se recentrer. La musique suit ce mouvement : fini les productions luxuriantes, on est dans quelque chose de minimal, d’organique. Beaucoup de guitares, de nappes tranquilles, un peu de jazz, un peu de gospel, un peu de soul… C’est doux, c’est simple, c’est sincère.

Les fans de “hugo” risquent d’être un peu déroutés, mais ce nouvel album est juste fabuleux. Certains morceaux peuvent paraître un peu lisses, un peu convenus, mais il ne faut pas s’arrêter à ça. C’est un bel album, qui partage une atmosphère à la fois enveloppante et puissante.

Pour entrer doucement dans “hopefully!”, je vous recommande « don’t fix it », un morceau suspendu, en duo avec Nick Hakim. Magnifique.