Lateef the truth speaker :  » Firewire « 

Le monde du hip-hop américain semble de plus en plus coupé en deux : d’un côté celui du bling bling et des grosses voitures qui, à force de clichés clipesques n’ont plus, comme salut que les DJs français de dance et de l’autre côté les tenants d’un rap aventureux, ouvert sur d’autres univers musicaux : Lateef fait définitivement parti de la seconde catégorie. Compagnon de route de DJ Shadow (qui cosigne le Jazzy Say what you want), co-fondateur de l’incontournable Quannum Project au milieu des années 1990 et collaborateur de Fat Boy Slim entre autre, l’Américain livre ici un album audacieux car libre. Lateef est autant rappeur que chanteur ! Il est capable d’aligner en ouverture un hip hop bien lourd (Let’s get up), d’enchaîner avec une ode rock à sa ville (Oakland) avant de virer synthé rap sur We the people et de susurrer aux oreilles des filles le très princier So Sexy. Sorti il y a peu sur l’excellent label indépendant français Platinum/Cornflakes Zoo cet album,  » Firewire « , nous rappelle que c’est du côté de San Francisco que se dessine l’avenir du rap et plus du tout dans les soirées champagne new yorkaise ou californienne.

Willy Richert

Le blues King size

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