1 Juil
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En 2021, le DJ et producteur Laurent Garnier, qui préside cette année le jury du Prix Joséphine des artistes, a fait l’objet d’un documentaire retraçant son parcours hors norme et l’essor de la musique électronique.
En 2021, après plus de trente années d’une carrière exceptionnelle, Laurent Garnier se voit offrir une rétrospective à la hauteur de son influence. Réalisé par Gabin Rivoire, le documentaire « Laurent Garnier : Off the Record » retrace le chemin d’un passionné devenu figure emblématique de la scène électro mondiale. Mais loin d’une biographie ordinaire, le film explore aussi les origines de la musique électronique à travers le regard d’un de ses pionniers.
Car Laurent Garnier n’est pas un DJ comme les autres. Ses débuts dans le mythique club Haçienda de Manchester ont posé les jalons d’un parcours singulier. Premier DJ à faire vibrer l’Olympia, puis la très classique Salle Pleyel, il n’a cessé de repousser les frontières entre les genres et les lieux. « C’est la salle la plus flippante de France ! On ne joue pas de techno à la Salle Pleyel », s’est d’abord exclamé Laurent Garnier lorsque Christian Paulet, l’ancien directeur du Rex Club, lui a proposé ce défi. Et pourtant, il l’a relevé avec brio. « Ça a été l’aboutissement de tout ce dont j’avais rêvé : faire danser les gens, jouer ma propre musique et la réinventer en direct devant le public », admet-il face caméra.
Dès les premières minutes du film, le ton est donné : « Pourquoi je me suis lancé dans la house ? », s’interroge Laurent Garnier. « J’étais un vrai mélomane. J’adorais le disco, le reggae, la new wave, le punk, la soul. La house et la techno sont un condensé de tous ces genres musicaux. C’était la musique que j’attendais. » C’est cette passion dévorante qui l’a détourné d’une carrière presque tracée dans l’hôtellerie. « Je ne me suis jamais dit que je deviendrais un DJ de club. Je me voyais comme un serveur. Et même si j’adorais la musique […] la restauration me satisfaisait », se souvient-il. Et pourtant, Laurent Garnier a fait danser les foules et évoluer les mentalités sur tous les continents, de New York à Tokyo, de Hong Kong à Détroit, en passant par Londres et Paris. Pendant une heure et demie, le film retrace les étapes clés de cette épopée, depuis ses débuts dans le club culte de Manchester où tout a commencé. « L’Haçienda c’est le summum de ce qui existe sur Terre […] je ne me l’étais jamais imaginé, même en rêve », confie Laurent Garnier.
À travers des images d’archives, des captations live et une série d’interviews, le documentaire dresse un portrait complet et touchant de l’artiste. Plusieurs figures majeures de la scène électro comme Derrick May, Miss Kittin, The Blessed Madonna ou encore Scan X témoignent de l’influence déterminante de Laurent Garnier sur la musique électronique. Pour Jeff Mills, il est bien plus qu’un DJ : « c’est le DJ des DJs […] celui que les DJs écoutent ». Le long-métrage donne également la parole à Jack Lang, ancien ministre de la Culture et cofondateur de la Techno Parade, qui a honoré Laurent Garnier en lui remettant la Légion d’honneur en 2017.
Le documentaire célèbre non seulement la carrière remarquable de Laurent Garnier, mais aussi son rôle clé dans l’essor culturel et sociétal de la musique électronique. Il montre un artiste humble et surtout profondément engagé dans la transmission. On le voit à l’écoute des jeunes générations : face à des élèves, il questionne, échange et partage avec sincérité, animé par le désir d’aider ces jeunes talents à tracer leur propre chemin.
Aujourd’hui, Laurent Garnier se fait plus discret sur scène, sans jamais cesser de soutenir la création et la diversité musicale. Chaque jour, il écoute près de 500 morceaux. « Il y a un million de morceaux qui sortent par semaine, donc 500, c’est une goutte d’eau. J’ai besoin de découvrir, de me nourrir pour mon émission sur FIP et pour mon travail de DJ en général », confiait-il sur France Inter en avril dernier.
Quant à son engagement, il ne date pas d’hier : en 1994, il a cofondé le label F Communications, imaginé comme un tremplin pour des artistes émergents. Aujourd’hui, il poursuit sa mission avec [DEEP]Search, une émission mensuelle lancée en 2024 sur FIP, qui met en lumière des pépites musicales. Une deuxième saison est déjà annoncée pour la rentrée. En parallèle, il préside cette année le jury du Prix Joséphine des artistes, qui récompense des artistes prometteurs de la scène francophone. Une façon pour lui de continuer à ouvrir des portes, à donner la parole et surtout, à transmettre sa passion pour la musique.
Anouk Labylle
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