Neil Young & Crazy horse : dernières séances ?

Depuis la fin du printemps, le Canadien Neil Young sillonne à nouveau les routes européennes avec son groupe mythique, le Crazy Horse. Peut-être le dernier acte d’une histoire entamée il y a plus de 40 ans.

Le 6 juin dernier, Neil Young se produisait sur la scène de Bercy (Paris), l’une des dates d’une tournée européenne, qui s’arrête également cet été à Nîmes ou Carhaix (Vieilles Charrues). À ses côtés, le Crazy Horse, trio mythique qui accompagne les élans rock du Loner. Il faut les voir sur scène : quatre amis qui se tiennent près les uns des autres, au centre de la scène, et jouent fort, comme des gamins. Leur répertoire oscille entre classiques et nouveaux morceaux qui n’ont rien à envier aux anciens. On ressort du concert ragaillardi, gonflé de l’énergie de la jeunesse. Pourtant, l’association de ces musiciens est de l’histoire ancienne.

Septuagénaires spectaculaires

Au milieu des années 1960, tandis qu’il devient une star avec les Buffalo Springfield, Neil Young joue souvent avec un groupe de Los Angeles nommé The Rockets. Emmené par le guitariste Danny Whitten, le groupe compte six musiciens, dont Ralph Molina à la batterie et Billy Talbot à la basse. Quand il quitte Buffalo Springfield et commence à enregistrer ses disques en solo, Neil Young créé le Crazy Horse avec ces trois-là, pour l’accompagner sur ses disques les plus rock. Leur nom est emprunté à un fameux chef Indien. En 1972, Danny Whitten meurt d’une overdose mais le groupe survit, avec l’arrivée de Frank Sampedro. Il va rester ainsi soudé jusqu’à aujourd’hui, rejoignant Neil Young dès que celui-ci en éprouve le besoin. Au total, c’est une quinzaine d’albums qu’ils enregistrent ensemble (soit un peu moins de la moitié de la discographie du Canadien). Le son y est caractéristique, puissamment électrique, avec des chansons portées par une solide section rythmique, des guitares sales et des voix en liberté. Les quatre musiciens ont beau être aujourd’hui septuagénaires, cette alchimie ne s’est pas altérée au fil des ans. Elle est toujours aussi spectaculaire, sur disque (Psychedelic Pills, 2012) comme sur scène, comme on peut le constater cet été. Pour la dernière fois ?

Vincent Théval

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