Texas : The Conversation

Pour fêter leur 25 ans d’existence Texas revient avec un nouvel album. L’arrivée de The Conversation clôt d’ailleurs huit années d’absence mais pas de silence puisque la charismatique chanteuse Sharleen Spiteri avait entretemps proposé deux (trop discrets) disques solo. Mais elle débute également ce qui semble être une troisième période musicale du groupe originaire de Glasgow.

Après les années de succès d’un blues-rock efficace et une tentative plus transparente d’une pop à tendance disco, l’ère nouvelle d’une folk-country FM semble avoir ouvert ses portes. Un air plus posé donc, avec des mélodies mises en avant et des riffs bien assagis : Sharleen et ses compères ont pris de l’âge et de la tempérance. Outre quelques instants plus enlevés et rythmés (dont le titre générique mis en entrée et un Detroit City aux claviers très présents), les titres donnent plus envie de lueurs de bougies et rocking chair sur la terrasse en plein été, que d’avaler furieusement la route toutes fenêtres ouvertes. On est très loin de la demoiselle qui clamait I don’t want a lover en 1989, guitare ultra slidée et rythmiques graves à l’appui pour un rock sage mais plus tranchant.

Mais de chœurs inutiles en arrangements parfois vieillots, le groupe s’en sort avec l’expérience de ceux à qui on n’apprend plus grand chose : la conversation se tient, et même si elle n’est pas faite de passions enflammées, elle a la lumière des soirées entre vieux amis qui se retrouvent.

Et puis il reste la voix de Sharleen, tantôt chaude tantôt teintée au piment, un plaisir de madeleine de Proust qui nous souffle en même temps une bien autre vérité : la dame n’a jamais aussi bien chanté.

Marjorie Risacher

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