Beastie Boys : génération(s) endeuillée(s) !

La mort d’Adam Yauch, membre fondateur des Beastie boys, a déclenché un torrent de commentaires et d’hommages sur la toile ; de Snoop Dog à Lenny Kravitz en passant par les millions d’anonymes tous ont souligné l’immense aura d’un rapper, vidéaste et artiste engagé. Retour sur une carrière irréprochable !


C’est en 1978 que Mike Diamond alias Mike D et Adam Horowitz (Ad Rock) et deux autres amis à l’initiative d’Adam Yauch (MCA) fondent les « Boys Entering Anarchistic States Towards Internal Excellence ». Rapidement le quintet punk se transforme en trio et va muer comme leur ville. New York vit, en effet une révolution artistique sans précédent depuis l’émergence du rock : le hip hop connaît ses prémisses et les trois white neck vont s’y jeter à flow perdu sans renier leurs racines punk. En 1986, le monde va alors recevoir l’une des plus puissantes déflagrations sonore de ces trente dernières années avec l’album « Licensed to ill ».

Du Punk au Hip Hop
Coup d’essai, coup de maître ! Ce premier album fusionne rap et guitares. Il propulse les Beastie Boys directement au sommet des charts. Il permet surtout à un public blanc de s’approprier le rap. La bombe Fight for your right fera de cet opus l’un plus vendus des années 1980. Et le meilleur est à venir !
En 1989, sort le chef d’œuvre du groupe « Paul’s boutique ». Tous les genres se télescopent dans une « Beastie Boys’s bouillabaisse » musicale inédite de trente minutes qui clôt l’album. Celui-ci connait un succès mitigé mais est devenu depuis une œuvre majeure de la culture urbaine.
Les Beastie créent leur label, Grand Royal, lancent une marque de vêtements et fondent un studio dans lequel ils préparent un nouveau challenge sonore.

Au-delà du Rap !
Le résultat, quatre ans plus tard se nomme « Check your head ». Plus accessible que « Paul’s boutique », les titres de ce troisième album voient les Beastie Boys ressortir les guitares. Classique hip hop (« So watcha want ») Jazz mutant et reprise punk sont au menu. Inclassable sauf dans les charts puisqu’il sera certifié double platine.
Issu d’une famille intellectuelle juive, Adam Yauch est à l’affut de nouveaux artistes et propose à Spike Jonze (futur réalisateur de Dans la peau de John Malkovitch) de réaliser le clip du titre Sabotage tiré de « Ill communication ». Ce morceau parodie la série Starsky & Hutch. Kitschissime, le clip devient immédiatement culte.
En 1992, les Beastie Boys prennent leur indépendance en créant leur propre label, Grand Royal. Adam Yauch se converti ai bouddhisme. Le groupe ne cache pas ses prises de position en soutenant ouvertement le Tibet avec, en 1996, une série de concerts. Si c’est l’heure des prises de positions politiques, c’est aussi l’heure du succès : les albums suivants permettront aux New yorkais de recevoir trois Grammy awards.

Enragés & engagés !
En 1998 Adam Yauch dénonce en pleine cérémonie des MTV Awards le racisme antimusulman qui se développe aux États-Unis. Après les attentats du World Trade Center, le groupe organise le concert « New Yorkers Against Violence » et propose un titre gratuit contre la guerre en Irak.
Adam Yauch, le leader des Beastie Boys était un fou de cinéma. C’est lui qui produit le film de Banksy Faites le mur sur le street art. Il avait approché la cinémathèque française pour retravailler la musique des films de René Clair.
Leur dernier album « Hot Sauce Committee Part Two » est sorti en 2011. En tout, les Beastie Boys auront vendu 40 millions d’albums.

« Punk is not Dead »
La disparition d’Adam Yauch le 4 mai dernier signe la mort artistique du groupe. Nous ne verrons plus le meilleur groupe rap en concert. C’est aussi grâce à lui que beaucoup de jeunes issus de la classe moyenne blanche se sont écriés : « le rap je n’aime pas mais les Beastie Boys oui ! » C’est enfin lui qui aura rapproché la scène électro et hip hop grâce au fameux Body Movin remixé par Fat Boy Slim. Les Beastie Boys ont marqué l’histoire de la musique en jetant des ponts entre les communautés musicales et raciales via l’humour, le second degré et une énergie créatrice débordante. Avec la mort de John Lennon et de Joe Strummer (le leader des Clash) c’est une autre figure incontournable de la culture populaire du XXe siècle qui nous quitte, restent les enregistrements, éternels, eux.

Willy Richert

Je suis Charlie Winston

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