Bilan 2013 : électro, un grand cru !

Année forte en électro, 2013 nous aura offert des albums d’exception. Et la France peut s’enorgueillir d’avoir fourni aux DJ et dancefloors du monde entier des heures de transes très musicales.

Ils avaient marqué l’histoire de la musique en popularisant la techno avec leur titre Homework en 1997, remis au goût du jour les années 1980 avec Discovery en 2001. Les Daft Punk viennent de signer, en 2013, le meilleur album de leur carrière, tout en funk et hybridations diverses. Rarement un album aura été autant salué et reçu un accueil unanime.
Des boîtes branchées de Shanghai au camping de Palavas les flots, Get Lucky nous aura certes fait frôlé l’indigestion mais, cela, ils n’y sont pour rien… De l’annonce de la sortie du disque, aux différents teasers qui ont circulé en passant par la découverte du premier clip, les Parisiens ont démontré leur maîtrise du marketing sans jamais tomber dans le show bisness. Si on y ajoute leur participation à l’album de Kanye West, Guy-Manuel De Homem Christo et Thomas Bangalter ont replacé la France au centre de la création électronique mondiale.

On aura vu débouler des quatre coins de la France des albums tous aussi excitants les uns que les autres : le retour psychédélique de Jackson, la techno sombre et exigeante de Gesaffelstein, le « grand n’importe quoi maîtrisé » de Bot’Ox et l’électro touchante de Tim Paris ont prouvé cette année encore que jeunes pousses et vieux briscards en ont encore sous le coude.

L’autre Amérique !
On aura toujours du mal à saisir les goûts musicaux des Américains : les fondateurs de la techno (Jeff Mills, Kevin Saunderson et tous les membres d’Underground Resistance de Detroit) auront passé leur vie à jouer en Europe pour gagner leur vie (comme les jazzmen américains d’après guerre) tant leur musique est ignorée chez eux.
Aujourd’hui la techno, rebaptisée EDM (Electronic Dance Music) se joue dans des stades, sorte de kermesse aux BPM. Les DJs sont mieux payés que les stars de cinéma et la dance est devenue le format pop pour la prochaine décennie. Pendant ce temps, comme un symbole, la ville de Detroit déposait son bilan comme une vulgaire PME. On a souvent tord d’avoir raison trop tôt, mais jamais raison, au vu de l’histoire, de proposer de la soupe au plus grand nombre.

L’Europe reine électro
Cette année ce sont plutôt l’Angleterre et l’Allemagne qui ont apporté de la fraicheur dans le monde de la musique électro.
En Grande-Bretagne, Disclosure prouve que la période de l’adolescence ne se résume pas seulement à une crise d’acné ; James Blake a encore ralentit le tempo ; Aluna Georges réinvente le R&B sensuel tandis qu’en Allemagne c’est DJ Koze qui aura livré le plus bel album de l’année tout en retenue, en expérimentations mélodiques sans oublier Moderat (Modeselektor + Apparat) qui aura aussi marqué les esprits avec un second album largement sous estimé par les medias.
On n’oubliera pas, avec quelques réserves, les Canadiens d’Arcade Fire et, sans retenue cette fois le nouveau projet de Nicolas Jaar, Darkside (avec Dave Harrington).

La tendance lourde en 2013 aura été de ralentir les BPM (cf. DJ Kicks de John Talabot) nous rappelant que la musique électronique est aussi devenue une musique domestique mais pas encore domestiquée !

Willy Richert

Mermonte : Audiorama

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