Low : The Invisible Way

Cette année, Low fête ses vingt années d’existence discographique avec un dixième album produit sous la houlette de Jeff Tweedy, le leader du groupe Wilco.

The Invisible Way sonne comme leur disque le plus calme, accentué par la beauté du piano et de la guitare qui y tiennent la première place. Ou presque, puisque sont aussi mises très en avant les voix du couple Alan Sparhawk et Mimi Parker.

Ce binôme indissociable depuis ses débuts à la scène comme à la ville, connu pour son engagement spirituel chez les mormons, a toujours proposé des titres aux arrangements dépouillés, aux harmonies vocales langoureuses et aux mélodies joliment tricotées. Exception faite de Drums and Guns sorti en 2007 et inspiré par la guerre en Irak, qui avait fait une incursion dans les éléments électroniques, album certainement le plus remarquable de leur parcours.

Les Américains enfoncent cette fois le clou de la lenteur, enchaînant les chansons graves mais lumineuses, ourlant l’ensemble de douceur dans une folk dénuée de tout accent rock, fût-il slowcore (auquel ils ont été souvent associés). Une Mimi Parker plus présente qu’auparavant, un Alan Sparhawk toujours aussi efficace quand il ouvre la bouche, un bassiste (Steve Garrington) qui semble tenir bon à tenir la chandelle entre eux, un passage plus bruitiste entre des écrins ressemblant à des prières, la recette fait mouche et donne naissance à l’un des albums les plus jolis du moment.

Même si au bout du compte on n’en ressort ni totalement marqué, ni totalement enthousiaste, le chemin invisible est celui pris par les rêveries douces pendant l’écoute. Et quand les esprits aiment autant que les oreilles, cela s’appelle de la musique.

Marjorie Risacher

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