ElectroShock : Bombe de compilation !

À l’heure de l’Internet, difficile de trouver une compilation qui soit intéressante. « ElectroShock » devrait vous redonner l’envie d’aller acheter un CD…

Voilà un bon moment qu’on n’était pas tombé sur une compilation de ce calibre. Déjà le genre « compilation » est tombé en désuétude depuis que tout le monde est de devenu le meilleur sélecta du monde. Pourtant, le métier de « programmateur » ou de « sélectionneur » est un art à part entière : pas vraiment DJ (les titres ne s’enchainent pas) mais quand même conteur d’histoire.

« Electroshock » fait parti de ces rares doubles CD (si, si, ça existe encore !) qui se tiennent du début jusqu’à la fin et qui satisferont les fondus de nouvelles tendances comme les néophytes. « Electroshock » est un état des lieux de la création électro dans toute sa diversité.

French touch

Le papa de la techno française, Laurent Garnier, avec son titre Jacques in the box bloqué sur les années 1990 devrait rappeler aux plus jeunes que « papy fait de la résistance ». Plus tout jeune non plus mais beaucoup plus sombre, M83 et son crispant Midnight City sont aussi de la partie. Coté famille Daft Punk, l’incontournable BO de Drive signé Kavinski et produit par De Homem Christo en rajoute dans l’esprit fluo-kid 1980 avec Nightcall et Justice continue à se prendre pour le fils illégitime de Europe et de Supertramp sur le très dispensable New Lands. Comme dans toutes les compilations, vous trouverez le titre Down the road de C2C ; musique officielle de tout ce qui est à vendre ! Restons en France avec Para One qui s’offre un détour électrofunk avec When the Night tout en afro et en semelles compensées. La nouvelle scène française est largement représentée avec les chouchous de Riffx : Brodinski et surtout Gesaffelstein et sa techno martiale de Control Movement. Devant cette diversité étonnante, on ne peut que se dire que la scène française se porte bien et a même un avenir tout tracé.

Les pointures s’invitent

Electroshock n’est pas une compilation frenchie puisqu’on y retrouve aussi des pointures comme la londonienne MIA – toujours aussi énervée –, la house syncopée de Disclosure ou encore la bombe russe Nina Kraviz et son Ghetto Kraviz, tout en retenue. Reste les deux artistes qui surclassent cet compilation : Erol Alkan et Nicolas Jaar. Le premier éclabousse de toute sa classe deux remixes : The Bay de Metronomy et Gee Up de Kindness. Sa maîtrise des basses et son sens du dancefloor tout en finesse en font l’un des grands noms à (continuer) de suivre. Quant à Nicolas Jaar, et son Mi Mujer, il justifie à lui seul l’achat de la compilation. Heureusement il vous reste les plateformes de téléchargement. Ce type est un génie, un esthète de l’électro qui nous avait bluffé il y a deux ans déjà avec son premier album « Space is Only Noise ». Percussions africaines, jazz éthiopiens, chants espagnols et électro minimale sont mariées ici avec une maestria rarement atteinte. Un titre qui résume à lui seule la qualité et la diversité de cette compilation.

Willy Richert