Les clips de l’été

La saison estivale touche à sa fin. C’est le moment de faire le point sur les grands et petits moments « clipesques ». Riffx vous a préparé une sélection des clips les plus regardés.

BRITNEY SPEARS : Ooh La La

Les admirateurs de l’œuvre de Peyo ou ceux qui ont grandi avec sa déclinaison télévisée des années 1980, risquent de schtroumpfer un peu en voyant ça : cet été, Britney Spears se trémousse, entourée des petits hommes bleus, au son de son nouveau tube, Ooh La La. Extrait de la bande originale du film Les Schtroumpfs 2 (qui est sorti le 31 juillet), le titre est une scie pop sans éclat mais efficace, matinée d’une pointe de R’n’B.

C’est un amuse-bouche coloré et enfantin, en attendant un huitième album que l’Américaine enregistre en compagnie de Will.i.am, grand manitou des Black Eyed Peas. Enfantin à double titre : le film d’animation s’adresse aux plus petits et Britney s’y trouve téléportée par magie, tandis qu’elle est précisément en train de le regarder avec ses deux garçons. C’est donc sous le regard ravi de Sean Preston (7 ans) et Jayden James (6 ans) que l’ancienne animatrice du Mickey Mouse Club rejoint les Schtroumpfs, avec une robe rouge très seyante mais des effets spéciaux vraiment cheap.

FRANZ FERDINAND : Right Action

Right Action, premier extrait du quatrième album de Franz Ferdinand, vise juste et bien : les rythmique élastique et les guitares incisives donnent corps à une mélodie irrésistible, subtilement arrangées avec chœurs, claviers et cithare. Un tube pop simple et efficace. Visuellement, le groupe reste fidèle à une ligne graphique très particulière, géométrique et colorée. Jeux typographiques, découpages, lignes brisées, arrondis et couleurs primaires proches de la bande-dessinée, la vidéo de Right Action est une petite merveille à regarder en boucle, qui invente et décline des pochettes de disques par dizaines. Graphique et ludique, fidèle à une certaine idée du pop art.

KATERINE : Sexy Cool

Katerine en pantalon blanc et marinière. Katerine en peignoir de satin. Katerine en smoking et nœud papillon. Katerine en uniforme de commandant de bord. La croisière s’amuse, elle est Sexy Cool. Il y a aussi des têtes d’animaux en incrustation, des fonds verts paradisiaques et des danseuses. Et des chorégraphies minimalistes mais expressives. C’est un petit chef d’œuvre bien au-delà des frontières du bon goût, au diapason d’une chanson bête et irrésistible, comme l’ancien chanteur de charme vendéen en a désormais le secret. C’est un avant-goût de son neuvième album, Magnum, attendu pour le 14 octobre. On se repassera alors en boucle ces cartes postales d’un été en carton pâte, pas complètement sexy mais vraiment cool.

PHOENIX : Trying To Be Cool

Idées farfelues et références en batterie pour la vidéo de Trying To Be Cool, deuxième titre extrait du cinquième album de Phoenix, l’excellent « Bankrupt! » paru ce printemps. La chanson a des allures de tube aux accents eighties, avec un équilibre parfait entre guitares et claviers. Son clip tient à la fois du faux making of et de la cour des miracles : assistants, techniciens, figurants, danseurs, costumes et décors y défilent sans temps mort. Drôle et inventive, la vidéo multiplie aussi les références à quelques figures de la pop culture : vous apercevrez sans doute les clins d’œil à Michael Jackson, Marylin Monroe ou Daft Punk mais il y en a certainement d’autres… À vous de jouer.

MOBY : A Case For Shame (with Cold Specks)

Moby en mauvaise posture : entouré d’un drap blanc aux allures de camisole, la bouche entravée par un scotch noir, l’Américain flotte au fond d’une piscine, inanimé. À la surface, un étrange rituel païen, une sorte de cérémonie funéraire, grotesque et morbide : des personnages eux aussi recouverts de draps blancs et affublés de masques d’animaux, entourent le bassin. À défaut de marquer les esprits avec sa nouvelle chanson (interprétée par la chanteuse du groupe Cold Specks, elle évoque une version affadie de Lana Del Rey), Moby réussit là une vidéo déroutante et étrange.

Et c’est une réussite toute personnelle, puisque le chanteur a tourné lui même ce clip, dans la piscine de sa résidence à Los Angeles. C’est sa première réalisation et on y devine l’influence du cinéaste David Lynch, qui avait d’ailleurs tourné un clip pour Moby en 2009. En termes d’étrangeté, Moby est donc à bonne école.

Vincent Théval