Locale Natives : Hummingbird

« Gorilla Manor » sorti en 2009 avait été accueilli avec tant d’enthousiasme qu’il avait su faire exploser les Californiens dès ce coup d’essai. Mais loin du colibri (hummingbird) qui donne son titre à ce second album, le quintet transformé en quatuor ne vole par sur place en se contentant de l’énergie et de l’efficacité qui avaient forgé ce succès. L’auraient-ils fait d’ailleurs que l’on aurait pu craindre une forme de lassitude à long terme. Locale Natives est donc allé bien plus haut, déployant des ailes d’une envergure que l’on n’osait espérer.

Plus dense, onirique, mélancolique et majestueux, « Hummingbird » plane dans des cieux soignés et sombres. Les voix ont pris une ampleur épatante, les pianos se taillent des places de choix et les guitares se brisent tout en galopant des marathons hypnotiques. D’arrangements bien plus complexes qu’auparavant aux chants bien plus risqués, les titres défilent, parfois poignants ou magiques, rarement transparents. Et jamais le mot « maturité » utilisé à tort et à travers dans les critiques musicales ne serait plus justifié si on osait enfin lui rendre ses titres de noblesse.

Avant, Locale Natives c’était bien. Maintenant, Locale Natives a une consistance. Et même s’ils sont reconnaissables dans une patte déjà posée il y a quatre ans, il ne reste plus grand-chose de l’afropop qui les définissait. On attendait une confirmation, ils offrent une réussite totale.

Marjorie Risacher

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