Naiad : « Poètes du béton »

Les T-shirts « le rap c’était mieux avant ! » annonçaient la couleur : l’heure est à la nostalgie. Le hip hop connait des cycles, comme tous les genres musicaux. Celui de Naiad nous renvoie au début des années 1990 où le jazz servait de base à un hip hop cool mais pas idiot. Crée à Paris il y a 5 ans par Louis Angeles (Beatmaker) et Nostal (MC), ils sont rejoints au fur et à mesure par un nouveau rappeur : Tonio et de « vrais musiciens » : un trompettiste, un bassiste et un autre Beatmaker. « Poètes du béton » n’est pas l’album qui va révolutionner le rap français mais difficile de ne pas être touché par des titres comme « Je me souviens » ou encore « Le lampadaire ». La plume est fine, le débit soutenu et groovy, et les instrumentaux bien ficelés. Il est des groupes dont on devine la marche de progression. Naiad en fait partie. Le succès du groupe 1995 est de bon augure pour eux : il annonce un changement de mentalité dans le public rap. Les Bad Boys n’ont peut-être plus autant la côte. Et puis quel plaisir de pouvoir enfin comprendre des textes ! Beaucoup de MC pensent qu’être inaudible est un gage d’underground et de crédibilité ! C’est souvent pour cacher la pauvreté du texte. Rien de tout ça chez Naiad. C’est ce qui en fait le groupe le plus frais du moment. Et aussi l’un des plus authentiques, et cette qualité dans le rap n’a pas de prix. À suivre de près donc.

Willy Richert

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