Peter Gabriel, musicien du monde

Tandis qu’il fête sur scène le quart de siècle de son classique So et que sort un excellent recueil de reprises de ses chansons par une douzaine d’artistes très estimables, retour sur le parcours hors normes de Peter Gabriel.

Plusieurs vies en une seule. C’est l’impression que laisse la carrière de Peter Gabriel, débutée avec la formation de Genesis à la fin des années 1960 avant de se déployer dans une multitude de directions. Sous sa coupe, Genesis est un groupe de rock progressif, qui mélange avec succès thèmes folkloriques, rock, musiques symphoniques et expérimentales. Un programme chargé qui se double d’un incroyable sens du spectacle : costumes, maquillages, mise en scène. Les concerts du groupe au début des années 1970 sont spectaculaires. Mais, alors que Genesis est au sommet de sa popularité, Peter Gabriel décide d’abandonner le groupe en 1975. C’est le batteur Phil Collins qui le remplace au chant. Il emmène la musique du groupe vers des horizons plus pop et faciles, avec un succès qui va encore grandir.

De Genesis à la world music

Peter Gabriel continue pour sa part en solo, en ouvrant son univers musical aux musiques du monde. Il façonne la « world music ». Par exemple, en 1980, sur la chanson Biko, il sample des chœurs et percussions tribaux d’Afrique du Sud. Puis il créé le festival W.O.M.A.D. dans le Sud-Ouest de l’Angleterre, où il programme des chanteurs et danseurs du monde entier. Le festival trouve bientôt son prolongement discographique, avec la création à la fin des années 1980 du label et du studio Real World, qui vont permettre à de nombreux artistes d’enregistrer et de publier des disques. Parmi eux, le Pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan ou le Sénégalais Youssou N’Dour. Cette ouverture sur le monde a aussi continuellement irrigué la musique de Peter Gabriel au fil des albums, mais aussi son engagement personnel, auprès d’Amnesty International par exemple. Un parcours pour le moins respectable.

Vincent Théval

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