Royal Blood : Royal Blood

Leur nom ne vous dit peut-être rien, mais vous risquez fort de ne bientôt plus pouvoir vous passer d’eux ! Le duo anglais Royal Blood sort son premier album éponyme fin août et joue les tornades sur scène depuis près d’un an. Puissant, post-grunge et bourré de riffs monstrueux, « Royal Blood » repose sur le talent de quatre épaules solides et une originalité de taille : c’est un duo basse/batterie ! Rencontre décontractée avec Mike Kerr (chant et basse) et Ben Thatcher (batterie).

Votre album n’est pas encore sorti et vous jouez déjà dans les plus grands festivals d’Europe en première partie des Pixies ou d’Arctic Monkeys ! Matt Helders (batteur d’Arctic Monkeys) a porté un tee-shirt Royal Blood à Glastonbury l’an passé. Tout est parti de là ?

Mike Kerr : On vit un rêve en ce moment ! On a mangé du homard au petit-déjeuner ! (rires) Le succès est arrivé un peu après Glastonbury… En fait, on avait encore sorti aucun morceau à ce moment-là, on avait juste une page Facebook avec une centaine de followers. C’est seulement après, quand les premiers morceaux sont sortis, qu’on a commencé à passer à la radio, que la presse s’est mise à parler de nous, et tout s’est enchaîné très vite.

Comment gérez-vous ce succès soudain et tout ce qui l’accompagne ?

Ben Thatcher : C’est cool ! C’est nouveau pour nous, mais on s’éclate. Ça fait partie du boulot de beaucoup tourner, de faire des festivals et la promo qui va avec. En même temps, on peut en profiter pour voir les groupes qu’on aime…

Mike Kerr : C’est un boulot de rêve ! On a signé pour ça. On a donc aucune mauvaise surprise.

On sent sur le disque des influences multiples qui vont de Nirvana à Muse en passant par Queens of the Stone Age et Them Crooked Vultures…

Mike Kerr : J’adore Them Crooked Vultures ! Le groupe est composé de trois de mes musiciens préférés (NdR : Josh Homme, Dave Grohl et John Paul Jones). Il s’est passé pas mal de temps entre les deux premiers morceaux qu’on a écrits ensemble avec Ben, au tout début où nous avons décidé de faire de la musique, et le dernier qu’on a terminé il y a deux semaines. Entre temps, on a écouté beaucoup de choses différentes, découvert des groupes en tournée… Toutes ces influences se retrouvent sur l’album.

Vous n’êtes que deux mais on a l’impression en écoutant l’album que trois ou quatre musiciens jouent en même temps. Comment obtenez-vous ce son aussi puissant ?

Ben Thatcher : En ce qui me concerne, je tape aussi fort que je peux ! Mike est futé, il a beaucoup travaillé sur ses basses pour obtenir ce son si particulier. C’est pour ça que certaines personnes pensent qu’on utilise aussi une guitare sur les morceaux, mais non ! Il a un côté un peu geek : il adore essayer tout un tas de choses avec ses amplis et ses pédales, il a même une basse avec deux cordes de basse et deux cordes de guitare… Mais on ne va pas révéler tous nos secrets, c’est bien de garder un peu de mystère !

Mike, votre voix est également un élément important sur l’album, elle apporte souvent un bon contrepoint au son puissant que vous développez.

Mike Kerr : Je ne chante que depuis trois ou quatre ans. Je n’ai jamais pensé que j’avais une voix rock, puissante et agressive… Je ne suis pas Lemmy Kilmister (Ndr : le chanteur et bassiste de Motörhead) mais quand j’ai commencé à écouter des groupes comme Queens of the Stone Age, j’ai compris qu’on pouvait chanter du rock en étant complètement à l’opposé de ce cliché, avec une voix plus douce. J’ai aussi beaucoup écouté Jeff Buckley et il parle énormément de Led Zeppelin et de Robert Plant dans le documentaire sur l’album Grace. Il cite Robert Plant comme le chanteur de rock par excellence. Et quand j’ai commencé à écouter Led Zep, je me suis dit que moi aussi je pouvais chanter. Tout est une question de confiance en soi.

Avez-vous déjà eu l’occasion de rencontrer certaines de vos idoles ?

Mike Kerr : Matt Bellamy (NdR le chanteur et guitariste de Muse) est venu un jour nous voir après un concert. On était terrifiés à l’idée de le rencontrer. On s’est dit : « Pourquoi il vient nous voir ? Il nous en veut ou quoi ? » Il a dit qu’il nous suivait et qu’il aimait beaucoup ce que l’on faisait. On a aussi rencontré Jimmy Page à New York…

Ben Thatcher : Là ça déconne plus !

Mike Kerr : Dire qu’il y a trois ans j’avais peur de chanter devant n’importe qui, alors chanter et jouer devant… disons, Dieu – Je ne crois pas en Dieu, mais s’il devait y en avoir un, ce serait probablement Jimmy ! Et tous ces gens sont tellement gentils, ils nous ont encouragés, se sont montrés humbles. Leur seul but dans la vie, c’est de faire de la musique et de partager avec les autres. Après ça, vous n’avez aucune excuse si vous êtes arrogant, car si ces gars-là ne le sont pas, alors personne ne doit l’être.

Propos recueillis par Alexis Hache

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