Tristesse Contemporaine : Tristesse contemporaine

On en finit plus de revisiter les années 1980. Musiques, imageries et looks typiques des groupes : les artistes fantasment beaucoup (trop ?) sur cette époque qui a vu naître le hip hop et la démocratisation des machines. Ce trio d’expatriés installés à Paris – Narumi est Japonaise, Leo Hellden (ex Aswefall et ancien guitariste de Jay Jay Johanson) est Suédois et Maik (ex Earthling groupe culte de trip hop) Anglais – a trouvé le meilleur nom de groupe depuis bien longtemps.

Tristesse Contemporaine est un hommage appuyé à la new wave (plus si new que ça) et à ses héros, Joy Division et The Cure (période « Seventeen Seconds »). Mais attention, ici l’hommage n’est pas pastiche. L’aspect robotique de leur musique est bien contemporain et leur chant-phrasé doit autant au hip hop qu’au krautrock. Découvert par l’excellent producteur français de techno Danton Eeprom, Tristesse contemporaine peut agacer par sa préciosité. Il n’en reste pas moins une excellente porte d’entrée pour (re)découvrir ce pan de la musique où le noir était de rigueur.

Daytime Nightime reste le titre le plus intéressant, un peu comme si Massive Attack s’était enfermé en studio avec Robert Smith ! On pourra reprocher au groupe le syndrome « premier album » avec le titre America, assez prétentieux mais l’ensemble du disque se tient et mérite une oreille plus qu’attentive. Vu le C.V. des trois musiciens, Tristesse Contemporaine devrait prendre son ampleur sur scène. Reste à savoir qui des kids ou de leurs parents s’y retrouveront le plus ?

Willy Richert

Disiz : transe-lucide

Disiz : transe-lucide