L’artiste de la semaine : Tame Impala

Si Kevin Parker, la tête pensante de Tame Impala, est devenu l’un des producteurs les plus demandés au monde, c’est sans aucun doute grâce au succès de l’album Currents…

Il y a 10 ans, un type solitaire dans son home-studio de Perth en Australie allait choquer la planète pop-music : « Currents », troisième album de Tame Impala, alias Kevin Parker, messie psychédélique en baskets blanches. Fini les guitares fuzz des débuts, bonjour synthés moelleux et grooves aquaphiles. « Currents » est l’album de la métamorphose, celle d’un garçon qui rompt, doute, plane… et danse. Avec Let It Happen en ouverture, Kevin Parker signe un tunnel hypnotique de 7 minutes dont la production redéfinit les codes de l’arrangement, notamment la remise au goût du jour du flanger, effet adoré par les Beatles, Pink Floyd, Jimi Hendrix et autres David Bowie période berlinoise.

Les 13 autres pistes sont aussi limpides qu’une coulée de Léon Marchand… Avec les titres The Less I Know the Better, Eventually, Yes I’m Changing, Currents sonne comme un journal intime sous infusion d’eucalyptus. Et un pont entre le Lennon de Mind Games et les Daft Punk de Random Access Memories, entre bedroom pop et bangers pour les stades. Dix ans plus tard, Currents sonne toujours comme un classique sans âge, bricolé en solo, copié, remixé parfois (poke Soulwax) mais jamais égalé.

Alors sans doute qu’en 2015 personne n’était prêt. Mais Kevin Parker, lui, était déjà loin devant. C’est donc avec la joie du koala que je vous propose de replonger dans le morceau liminaire du génial « Currents », Tame Impala, Let It Happen.