25 Juil
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Repenser les mobilités, maîtriser ses dépenses en énergie ou réduire son impact carbone… Moins contraintes que les festivals mais en proie à des défis écologiques qui leur sont propres, les salles de concerts françaises multiplient les idées pour opérer une transition écologique globale de la filière musicale.
Comment faire cohabiter écologie et spectacle vivant sans entamer la qualité d’un concert ? Depuis une dizaine d’années, face à l’urgence climatique, quelques salles de concerts de France et de Navarre se sont posé cette question en apparence retorse. Certifié dès 2016 par l’ISO 20121 – une norme internationale permettant d’évaluer le bon impact, notamment environnemental, d’une structure d’événementiel – L’Aéronef de Lille (59) fait figure de bon élève et de cas d’école.
En 2018, sous la houlette de Clémence Bruggeman, directrice de projets développement durable, partenariats, et mécénat de L’Aéronef, la salle lilloise a effectué un bilan énergétique détaillé. Pour L’Aéronef, le constat est simple : avant d’amorcer une transition écologique durable, saine et efficace, il faut savoir ce qu’on dépense en énergie et où on la dépense. Dans cette bataille pour la maîtrise énergétique – pas toujours gagnée d’avance –, le fief des meilleurs concerts nordistes a depuis opéré plusieurs ajustements (un nouveau fournisseur d’électricité plus verte, l’installation de LED plutôt que de lumières énergivores, remplacement de matériel obsolète par des équivalents moins polluants…) ayant permis une réduction notable du bilan carbone de la salle.
Cette bifurcation énergétique prend en compte la nécessité de renouveler autant les pratiques que les infrastructures. En effet, les salles de concerts doivent opérer des travaux de rénovation tout en y intégrant ces questions de performances énergétiques. Évidemment, ces travaux coûteux ne sauraient être entrepris sans le concours des pouvoirs publics. Par exemple, le Krakatoa de Mérignac (33) a lancé un grand chantier de rénovation financé par la Ville, la Région et la Direction des affaires culturelles qui prendra fin en 2026 et dont la composante écologique est prévalente pour réduire drastiquement ses émissions de CO2.
Si les coûts énergétiques de fonctionnement d’une salle de concert sont une chose, la programmation et l’accueil du public en sont une autre. En effet, en 2024, l’étude “Déclic : Décarbonons le live collectivement” chapeautée par la FEDELIMA (Fédération des lieux de musiques actuelles), le SMA (Syndicat des Musiques Actuelles) et l’agence Ekodev, a permis d’établir que la mobilité des publics et des artistes représentait, en moyenne, 48 % du bilan carbone des salles de concerts étudiées.
Côté public, le recours marginal aux transports en commun (ou d’autres mobilités douces) – un poste de consommation difficilement contrôlable pour les salles de concerts – pose la question d’une communication plus efficiente et de mesures encourageant ces modes de transports plus soutenables selon leur localisation. De fait, les défis écologiques posés par un environnement urbain (vers le tout-transports en commun) diffèrent de ceux de la ruralité, qui ne peut s’affranchir de la voiture thermique. Dans son guide établi avec la participation de 12 structures culturelles de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, WeCount, une plateforme de conseil en transition écologique lyonnaise, préconise par exemple une tarification avantageuse des concerts pour les bons élèves privilégiant le covoiturage ou le recours aux transports en commun.
Côté artistes, la donne est différente. Si les salles de concerts hors France métropolitaine ont nécessairement du mal à s’affranchir des voyages en avion pour leur programmation, les salles de l’Hexagone sont à même de mettre en place des mesures et habitudes plus écologiques. En 2023, le Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), œuvrant pour un changement de paradigme passant d’un régime de concurrence à un nouveau modèle de coopération et de collectif, définissait plusieurs engagements à destination de ses adhérents, notamment l’abandon de l’avion pour des trajets inférieurs à 5 heures pour les artistes.
De fait, à force de tests, de mesures, d’ajustements, de travaux de recherches de plus en plus affinés, les salles de concerts françaises pourraient bel et bien s’afficher en figures de proue de la transition écologique de la filière musicale. Rassemblés en syndicats, ces pôles du tissu culturel des Régions de l’Hexagone pèsent d’ores et déjà sur les pouvoirs publics. De l’expérimentation à la généralisation de ces nouvelles pratiques à l’ensemble des structures culturelles, il pourrait n’y avoir plus qu’un pas.
Les Inrockuptibles
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