Radioscopie d’un parcours : Seymour Stein

Seymour Stein, vice-président de Warner Bros Records et co-fondateur de Sire Records est un immense producteur, un monument du disque.

Chaque édition, le MaMA invite un grand professionnel de la musique afin qu’il puisse partager son expérience et sa mémoire avec un jeune public avide de comprendre. Comment devient-on le producteur qui a signé Madonna ? C’est tout simple, il faut commencer jeune mais surtout, il faut être curieux et passionné. C’est la clé pour travailler dans ce métier. Seymour Stein nous raconte comment il a commencé à neuf ans à se passionner pour Billboard, le mythique magazine américain qui faisait et défaisait chaque semaine le Top 50 décliné dans tous les genres musicaux. « J’étais un fan des charts de Billboard, » confie-t-il. « Après l’école, je courais chez moi pour écouter l’émission à la radio mais aussi pour faire des tableaux et imaginer qui allait monter dans les classements et qui allait descendre. Je savais déjà que je voulais « travailler dans l’industrie de la musique ». Et il y est allé. A 13 ans, Seymour frappe à la porte du journal et trouve un petit job. Et comme souvent dans ces métiers, il se fait vite remarquer et on lui propose de l’emmener sur les sessions d’enregistrement, il a même l’occasion d’écrire des articles.

Le nez

« C’est comme ça que j’ai appris à connaître tous les grands professionnels de l’époque, ceux des majors et les indépendants, ils venaient tous accompagner leurs artistes, chaque semaine pour l’enregistrement de l’émission ». Mais la passion ne suffit, ni même le réseau, encore faut-il aimer la musique et sentir le vent. « J’ai commencé à travailler pour Syd Nathan à King Records, à Cincinnati. Et c’est grâce à lui que j’ai pu monter mon propre label, Sire ». De là, il n’y avait plus qu’à faire les bons choix. Personne n’aimait les Ramones ? Il y croit et les signe. Personne ne connaissait Fleetwood Mac, il les signe et les emmène vers le succès aux Etats-Unis. Seymour Stein a su sentir les courants musicaux avant les autres et notamment en Angleterre, les punk, la new wave… Mais son coup de maître, c’est dans un lit d’hôpital qu’il le réalise.

« Madonna, c’est un accident total, je ne la cherchais pas, » admet-il. « J’avais confié 18.000 dollars à un DJ pour qu’il me rapporte quelques demos d’artistes intéressants et parmi les 6 titres, il y en avait un Madonna ». Il est convalescent et la reçoit dans sa chambre d’hôpital. « J’ai tout de suite senti en elle l’adrénaline, elle savait ce qu’elle voulait, il suffisait qu’elle rencontre quelqu’un qui croit en elle… » On connaît la suite.

Universel.

Aujourd’hui, Seymour Stein est loin de prendre sa retraite. Au contraire, il reste comme il a toujours été curieux et ouvert aux nouvelles tendances. Logiquement, c’est vers l’Asie que se tourne son regard. « Il y a là-bas, en Inde, en Chine, des centaines de millions de personnes qui aiment la musique. » Comprenez, il y a un marché en pleine croissance ! « Et puisque la musique est universelle, il y a aussi des milliers d’artistes en devenir ».

Nul doute que s’il avait 20 ans, il irait là-bas pour monter un business ! Par contre, quand on lui demande son avis sur le métier aujourd’hui, il est un plus mitigé. Pense-t-il que les grands patrons du disque aiment encore la musique ? « Les indépendants, sans doute, mais je ne suis pas sûr que les patrons des majors aiment vraiment la musique, par contre ce sont d’excellents businessmen ».

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